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Galerie Annie Gabrielli

Un refrain sur les murs
— Yann Dumoget - Sylvie Romieu
Du samedi 27 mai au samedi 15 juillet 2017
Vernissage vendredi 26 mai 2017 à 18h30

Prendre ancrage dans la figure de Marguerite Duras, c’est pour Sylvie Romieu une façon d’aborder tout ce qui fonde son propos artistique en questionnant la photographie. L’identité, l’autofiction, l’altérité, le territoire et le foyer sont autant de notions présentes dans l’oeuvre de la romanesque auteure, qui se cristallisent avec élégance et poésie dans les images de l’artiste. En écho à son écriture si particulière, répétitive, et parfois lancinante, des motifs varient et se déclinent au fil des séries, diptyques ou modules. Il en est ainsi de la petite maison stylisée, de la silhouette de dos, vêtue d’une robe noire – alter ego de l’artiste –, des fragments de cartes et de corps, des évocations de paysage, d’ici ou de nulle part, et du portrait si connu de Marguerite Duras, qu’il soit là en filigrane, fantomatique ou plus manifeste. C’est à partir de ces termes personnels, sinon intimes, que Sylvie Romieu écrit son univers visuel avec jeu de cadrages et d’échelle, de profondeur de champ, surimpression, mise en scène et agencement, et blancheur aveuglante proche de la surexposition. De cette alchimie naît un monde en équilibre et en tension, entre réalité et fiction, entre présence et absence, entre lisibilité et perte des sujets ou des mots...

Inscrire son projet à Grândola, petite ville devenue symbole, est un acte fort, autant artistique que politique, pour Yann Dumoget qui aspirait que ses habitants, en signe de protestation contre l’austérité imposée par l’Europe, repeignent en brun les maisons, trottoirs et rues. Cela n’arriva pas ainsi. L’œuvre au noir – référence à une autre grande dame de la littérature française – est pourtant une série photographique
qui existe bien aujourd’hui et qui témoigne de l’ambition de l’artiste, voyageur attentif au monde, dont il aime à être l’acteur plutôt que le témoin. Les photographies ont été prises à Grândola, aux maisonnettes colorées, loin des représentations que s’en faisait l’artiste avant de s’y rendre. Un double peint a été ensuite réalisé et attribué à chacune d’elles, comme si la levée de boucliers par les pinceaux avait bel et bien eu lieu, forme de témoignage. Par ce geste plastique, Yann Dumoget matérialise son projet citoyen utopique et propose une réappropriation distanciée et critique du monde réel. Devenus noirs, bâtiments et voies de circulation apparaissent comme des figures de l’absence ou du néant, comme des trous noirs qui absorbent le regard et défont les rêves. Le familier se perdant et l’habitude perceptive étant ébranlée par ces funestes caviardages, une inquiétante étrangeté se fait jour dans le rapprochement des deux images.




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