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Galerie Annie Gabrielli

Vanitas II
— Jean-Yves Moirin
Du samedi 25 mars au samedi 13 mai 2017
Vernissage vendredi 24 mars 2017 à 18h30

Vanitas ou la nature morte en équilibre
Il a déjà été dit, à propos de Jean-Yves Moirin, à quel point il était attaché à l’idée d’écriture de la lumière et à l’histoire de l’art, dont il aime assurément faire résonner certaines formes dans le champ de la photographie contemporaine. En proposant un deuxième chapitre à sa série “Vanitas”, il réaffirme son goût particulier pour la nature morte qu’il a, semble-t-il, à cœur de traiter au sens propre comme au figuré.
Pour ce faire, il a choisi comme sujets privilégiés des fleurs en train de se faner. Dans ces moments où la flétrissure se substitue à la plénitude presque charnelle, sinon érotique, de la forme, qu’aiment à capturer certains artistes comme Pipilotti Rist, Fischli & Weiss ou Araki Nobuyoshi. Définitivement, ce n’est pas cet état resplendissant, presque incandescent, qui retient l’œil et l’attention de Jean-Yves Moirin mais le caractère transitoire et éphémère du monde, la fragilité de la vie, qui se cristallisent élégamment dans les fleurs, si vite altérées quand le temps passe sur elles. Cette nature en train de s’éteindre offre à l’artiste une gamme étendue de couleurs, de textures et de configurations qu’il est urgent de figer par l’acte photographique, avant que n’adviennent la perte définitive et la fanaison irrémédiable. Quand les pétales ourlés se plissent et se recroquevillent encore et que les teintes virent, jaunies, ternies ou assombries. Ce sont ces dégradations que Jean-Yves Moirin capte, interrompant ainsi le cours de la catastrophe annoncée en autant d’instantanés, qui fixent une existence en devenir. Dans l’atelier ensuite, c’est en alchimiste du réel qu’il manipule ces images, notamment dans le rapport de la forme et du fond.

Ce dernier, tantôt d’un noir velouté et charbonneux, contamine la fleur et l’absorbe, tout en révélant ses parties les plus lumineuses, tantôt d’un blanc immaculé, isole la figure, en la rendant flottante et presque irréelle. Tout comme il suspend le vol du temps, l’artiste suspend aussi le motif dans le format qui l’accueille, dans un pas de deux délicat de l’apparition et de la disparition. Dans son travail sur l’intensité des couleurs et de la lumière, Jean-Yves Moirin joue sur la ténuité des contrastes et crée par là une ambiguïté dans ce qui est donné à voir : le végétal oscille soudain entre l’étoffe et les drapés sculptés à l’exubérance baroque ou à la finesse corradinienne ; le traitement des teintes et des matières semble presque plus pictural que photographique. Proposant ici au regard et à l’esprit des formes qui n’existent pas, Jean-Yves Moirin interroge, l’air de rien mais avec une poésie de tous les instants, le réel, tout autant que la nature morte. En effet, par les changements qu’il saisit et qu’il artificialise, il parvient à faire bruisser l’existence de ces vies réputées silencieuses. Serait-il alors permis d’écrire que l’évanescence des figures est aussi une éva-naissance, pour traduire, en jouant sur les mots et les sons, leur dualité sensible, perceptive et interprétative ?




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